Poème de Christian Da Silva

Et le soir est celui que je porte
Pour ce pain qui s’émiette
Ta  main sur ma nuque posée
Fraîche
C’est le repos comme la mer  après  les algues
Il faut que l’on te rive au ciel
Pour parler au silence
Des couleurs  des vapeurs et des joies lointaines
Cet air qui me pénètrent jusqu’à l’abîme
Je le redonne peu â peu à l’embrun
Et j’imagine  cette paresse des nuages
Abandonnés des vents
J’imagine d’autres mains que les  siennes
Mais ma peau hurle et se consume
Il faut que je te voie
Pour aimer cette eau  bienheureuse
Il faut que je te voie
Pour ne plus rien entendre
Que cette lumière  délavée
Pareille  au regret des mouettes
Ivres d’écume.
Christian Da Silva, extrait de Anthologie 2025 d’ENCRES VIVES